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Sämtliche Schriften - Band IV: 1927-1928

Carl von Ossietzky: Sämtliche Schriften - Band IV: 1927-1928 - Kapitel 138
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authorCarl von Ossietzky
titleSämtliche Schriften ? Band IV: 1927?1928
publisherRowohlt
seriesSämtliche Schriften
volumeBand IV
printrun1. Auflage
editorWerner Boldt, Renke Siems
year1994
isbn3498050192
firstpub1927-1928
correctorreuters@abc.de
senderwww.gaga.net
created20090811
projectid35a5c5a1
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816a

Où va l'Allemagne? Questions et Réponses par un Allemand

Le brillant écrivain qui dirige aujourd'hui la courageuse Weltbühne nous adresse, sur notre demande, l'article suivant, écrit spécialement pour le Flambeau, et dont nos lecteurs goûteront l'esprit et la raison.

I

– Vous voudriez savoir un peu où en est l'Allemagne? Vous voudriez me poser un tas de questions? Très bien, mais permettez-moi d'abord quelques mots d'introduction: Ces prolégomènes indispensables ne seront pas très amusants, j'en ai peur. Mais l'utile doit passer avant l'agréable.

Chaque nation a son mystère.

Dans l'héritage de chacune, il y a un élément latent qui, à de longs intervalles, intervient soudainement pour troubler l'évolution, ou l'arrêter net: après quoi, il disparaît de nouveau, se volatilise. Ah oui! il est énigmatique, cet élément, et son essence cause bien des migraines aux penseurs politiques. Peut-être pourrions-nous le définir: la quintessence de l'histoire nationale? Mais toute tentative d'exégèse du phénomène le complique, au lieu de l'expliquer. Les interprètes, doctoralement, lèvent l'index, déclarent le cas mystique, et, avec des circonlocutions pédantes, esquivent tout pronostic un peu net. En pratique, dans tous les grands États du monde, tout paroxysme de mystique nationale est généralement suivi d'un nouveau projet de loi militaire. C'est ainsi qu'ont toujours été les choses; c'est ainsi qu'elles ne devraient plus être ...

L'irrationnel, dans la politique allemande, resulte d'un passé de dechirements et de particularisme. Le grand processus de centralisation, qu'en France et en Angleterre la royauté a si magistralement poursuivi et mené à bien, ne s'est pas produit en Allemagne. Non seulement l'Allemagne n'a pas connu de révolution qui l'ait ébranlée jusque dans ses fondements, mais elle n'a pas eu davantage un monarque vainqueur de la féodalite. Jamais elle n'a connu un »grand coup de balai«, jamais une nuit du 4 août. Jusque dans la réalité d'aujourd'hui, se prolongent et s'enchevêtrent formes et tendances d'époques révolues.

Le Symbole de notre capacité créatrice, en politique, était le Kleinstaat.

Notre esprit est profondément empreint de ce type. Si, d'après le mot célèbre, »chaque Anglais est une île«, pareillement, chaque Allemand est à lui-même son propre État, avec manie de l'autorité, intolérance, animosité à l'égard des voisins ... C'est cela qui rend la politique allemande si peu »gemütlich«, si haineuse et hargneuse. La démocratie n'a point changé cela. Elle ne se manifeste guère que bureaucratiquement. Impitoyablement, elle ostracise les têtes libres, les cerveaux clairs. II lui arrive de les prendre à l'essai, mais elle ne les garde point.

Bismarck avait peut-être conscience de cette maladie nationale. II s'efforça de la guérir, mais sa cure fut un peu brutale. Saisissant le patient de son poing de géant, il lui »chahutait« rudement les os, mais il lui abîmait, en même temps, l'épine dorsale.

Le passé allemand signifie: émiettement en d'innombrables petits États égoïstes. Le passé allemand signifie: despotisme et bureaucratie ... Mais le passé allemand signifie aussi: dissensions religieuses, guerres de religions, menées avec la logique du fanatisme. Les princes ont vécu; les mœurs du passé allemand ont survécu. Partis, syndicats, corporations économiques et politiques, sont animes de la prétention, de la vanité et de l'esprit bureaucratique de jadis. Nulle part on ne voit de l'aisance, du scepticisme, du sourire; chaque parti se sent comme une église, chaque usine comme un état parfaitement capable de se suffire à lui-même. La mode nouvelle de l'américanisme n'a pas changé grand chose à tout cela. Elle n'a fait que polir quelques formes un peu trop frustes.

Un type nouveau de chef, j'ai dit nouveau, mais non pas hélas meilleur, le kaufmann, le technicien, adorateur d'une idole qui est l'esprit de business américain, saisit l'hégémonie. II a beau être ultra-moderne d'aspect; intérieurement, il n'a pu réussir à s'émanciper de l'ancien prototype de l'officier de la garde. II combine la tradition féodale et romantique de celui-ci avec les appétits prosaïques et réalistes, les appétits de pouvoir de l'homme d'affaires. Ce type est anti-social, saturé, si l'on peut dire, de »conscience de classe« bourgeoise.

Le résultat, c'est une militarisation complète de l'Allemagne »quotidienne«, militarisation qui prend les formes les plus absurdes. Aussi l'Allemagne, vue du dehors, est-elle tenue pour incorrigiblement belliciste. On y parle encore de la guerre, on parle constamment et partout de la guerre. Non de la guerre contre un adversaire déterminé, sur lequel il s'agirait de prendre sa revanche: mais de la guerre en général. On ne veut pas perdre le souvenir des vertus guerrières du passé. Dans toute conversation entre bons bourgeois, pourvus d'une formation »académique«, c'est-à-dire ayant passé par l'Université, on entend les opinions les plus aventureuses sur les causes de notre défaite dans la grande guerre. Très rares sont ceux qui avouent que nos armées finirent par être battues, et ce très régulièrement, en rase campagne. Il y a aujourd'hui encore des professeurs d'Université qui sont fermement convaincus qu'en septembre 1918, nous étions tout près de la victoire finale, et que cette victoire ne nous a été arrachée que par une conspiration entre défaitistes allemands et hommes d'affaires internationaux.

II

Voilà, direz-vous, un bien fâcheux pronostic pour la paix européenne. Attendez! J'ai sous les yeux un journal qui m'annonce que M. Hugenberg vient d'être élu chef des Nationaux-Allemands. Certes, nous connaissons l'existence des Nationaux-Allemands. Mais j'ignore si vous connaissez M. Hugenberg. M. Hugenberg, pendant la guerre, fut directeur-général chez Krupp. II jeta dans la balance tout le poids politique et économique de sa situation, au profit des intransigeants et annexionistes nationaux. Plus tard il s'en sépara, mais seulement pour occuper, dans l'industrie lourde westphalienne, une place nouvelle, une place bien à lui. C'est un des rois de la mine. Pendant l'inflation, il commença à acheter des journaux, entre autres le célèbre Berliner Lokalanzeiger, un pamphlet nationaliste sans scrupules, que feu Siegfried Jacobsohn, dont j'ai l'honneur de diriger la Revue, appelait toujours l'organe des idiots de la capitale de l'empire. Après que M. Hugenberg se fut créé un trust de journaux comme il n'y en a pas un second en Allemagne, il tourna son intérêt vers le film et acquit l' Ufa, qui sans doute est la plus puissante entreprise cinématographique qui soit en Europe.

Vous m'interrompez: »Certes, je n'ai pas l'avantage de connaître M. Hugenberg. Mais je connais cette espèce d'hommes; c'est l'ambitieux magnat des journaux, qui veut jouer un rôle en Bourse, dans la politique, qui se délecte à l'idée que le ministère tremble devant lui et qui n'hésite pas, si ses intérêts l'exigent, à commander à ses feuilles d'écrire dans un sens social-radical«.

– Non, vous vous trompez. M. Hugenberg n'est pas un casuiste raffiné. On ne peut le comparer ni avec Rothermere, ni avec Bunau-Varilla, ni avec Coty, ni avec aucun autre roi des journaux. M. Hugenberg est tout simplement et tout bêtement un patriote. Il n'a pas une once d'esprit de plus que les lecteurs du Lokalanzeiger, qui doit sa popularité à la ténacité avec quoi, pendant les années révolutionnaires, il ajoutait à tout fait-divers concernant un accident de bicyclette ou une fracture de tibia, la réflexion catonienne: »Il ne se serait pas passé des choses pareilles sous le Kaiser!« En fait, le »roi Hugenberg« n'est qu'un sinistre Philistin. Ses propres productions rhétoriques et littéraires sont d'une indescriptible simplicité; ses articles sont plats comme la sagesse d'un fabricant provincial »à la douzaine«. Le parlementarisme et la démocratie sont détestables. Le peuple allemand doit travailler davantage et réclamer moins de salaires, et tout s'améliorera. C'est l'indigente idéologie d'un petit parvenu qui est celle de M. Hugenberg. Physiquement, c'est une figure assez mesquine, avec des cheveux gris, en brosse, une redingote noire, assez correcte, un col raide à la mode d'hier: bref il a l'extérieur d'un employé, de second ordre, de l'ère wilhelmine; quant à ses »émanations« intellectuelles, elles sont tout à fait médiocres. Telle est l'apparence de l'homme qui est le bailleur de fonds du parti nationaliste, parti qui, bon gré mal gré, évolue au commandement de son sifflet. Il veut non seulement restaurer la monarchie, mais reviser le traité de Versailles, arrêter les paiements Dawes, déchirer le pacte de Locarno, faire sortir l'Allemagne de la Société des Nations, rétablir le service militaire général, gouverner, à l'intérieur, avec sévérité, et faire que le peuple soit laborieux, modeste et vertueux comme devant. Mais comment le propriétaire de l' Ufa s'accordera-t-il avec le prédicateur qui tonne contre la soif de plaisir des hommes de la grande ville? Les deux âmes de Hugenberg décideront de ce conflit. Ce qui nous intéresse, c'est que l'homme qui dispose d'une puissance si formidable, ne dépasse pas l'horizon étroit du Spiessbürger allemand. Mais nous n'hésitons pas à déclarer que, pour l'Allemagne et l'Europe, c'est un grand bonheur qu'à cette place il n'y ait pas un homme d'imagination, mais quelqu'un qui, par la petitesse de son esprit et l'énormité de ses contradictions, partout où il se montre, devient immédiatement le personnage comique.

III

A propos ... vous voudriez aussi savoir, si l'Allemagne est encore en République?

– Mais certainement, certainement ...

– En novembre 1918, la République fut proclamée par Scheidemann. Lorsque l'Empereur tomba, les leaders des partis de gauche, qui se voyaient, d'une manière si prématurée, maîtres de l'Empire, eussent préferé, et de beaucoup, le tutelle du petit-fils de Guillaume, avec application du »système anglais«. – Mais Berlin était alors très rouge, et Spartacus défilait par les rues aux sons de l' Internationale. Ce chant accéléra la proclamation de la République. C'est pourquoi la dite République fut, au début, si décriée. On ne voyait en elle qu'un intermède imposé. Ensuite, la contre-révolution se déploya. Toutes les défaites, tous les échecs, toutes les misères elle en rendit responsable ... la République. On mit à la charge de la République la signature du traité de paix, la débâcle monétaire, le chômage. La bourgeoisie, désespérément prolétarisée pendant les années de l'inflation, fit retomber sur la République la responsabilité de phénomènes politiques et sociaux, dont elle ne comprenaît pas la genèse. Car, entre 1920 et 1923, la bourgeoisie fut radicalement expropriée. Lénine n'a pas fait de moins bon travail que Hugo Stinnes. Ainsi s'explique l'effondrement subit d'une couche sociale séculaire. Le patriciat urbain, qui, depuis les jours de la littérature classique, avait donné à la vie du citoyen ses lois civilisatrices et morales, parut se dissoudre en une nuit. Des conseillers intimes, des commerçants aux principes solides, d'une austère intégrité, passèrent dans le camp des trafiquants en devises, ou, de sang-froid, acceptèrent des pots-de-vins; leurs femmes et leurs filles apprirent à se vendre pour des dollars. Dissolution, descente aux Enfers de la vieille morale. La République fut le bouc émissaire de toute cette honte. Ensuite vint le crime de la Ruhr, le criminel étant Cuno. Le sieur Cuno et sa bande se laissèrent célébrer comme des héros; mais leurs lauriers coûtèrent fort cher à la République. Puis ce fut l'ère des meurtres politiques. Erzberger et Rathenau tombèrent. Puis, guerre civile, »guerre de gauche«: émeutes communistes, bagarres de la faim. Les chefs des démocrates et socialistes de droite, surpris par l'avènement soudain de la République, à laquelle, dans leur for intérieur, ils ne s'étaient jamais ralliés, n'avaient plus d'autre ressource – à présent surtout qu'ils n'étaient plus qu'à quelques pas de la lanterne – que de se solidariser, à la vie et à la mort, avec le nouveau régime.

Alfred Döblin, un de nos plus brillants romanciers, écrivait en 1919 que les Allemands ne savaient que faire de la République, n'en connaissant pas le mode d'emploi. C'est seulement à l'issue des années de misère qu'une pratique s'élabora. Des chefs des partis moyens déclaraient maintenant que la question République ou monarchie? n'était pas opportune. M. le Dr Stresemann, qui, quelques années auparavant, parlait encore du problème comme un nationaliste effréné, trouvait qu'il avait cessé d'être actuel; M. Stegerwald, de la droite cléricale, l'appelait un »sujet de vacances«. Car, sur ces entrefaites, les ouvriers, eux aussi, avaient fait connaître leurs exigences; la rationalisation de l'industrie, suite de la nouvelle stabilisation, amena des licenciements en masse, le paupérisme, le chômage. On vit dans la république bourgeoise un palliatif plus fort contre le radicalisme socialiste que dans la propagande monarchiste, qui ne promettait guère de succès, faute d'un prétendant présentable. Un compromis tacite s'établit, plutôt qu'il ne fut conclu. Les petits propagandistes continuent à couvrir d'injures la République, mais les gros messieurs de la Droite la tolèrent. Ils n'entreprennent rien directement contre elle, mais ne font rien pour elle. Cette Situation se »fixa« solennellement par l'élection du maréchal Hindenburg comme président d'Empire. Les ouvriers socialistes sont certainement d'ardents républicains, prêts à monter sur les barricades pour la République. Mais leurs chefs ne sont, soit dit poliment, ni des hommes de génie, ni des hommes de tempérament. La coalition gouvernementale prussienne, bourgeoise-socialiste, fait une honorable exception. Sous la direction d'Otto Braun, elle a fait merveille. La réaction et les barons de l'industrie, coalisés avec elle, ne se mettent plus aujourd'hui martel en tête pour supputer les chances de la monarchie. Ils laissent ces calculs à un die hard, petit bourgeois comme M. Hugenberg. La nouvelle idéologie réactionnaire est fasciste. A son Service sont le Casque d'acier et les groupements nationalistes. Jusqu'à présent, ces gens n'ont point de Mussolini. Le fabricant de liqueurs Seldte, de Magdebourg, qui, dans le privé, est le propriétaire de la marque de genièvre Frontgeist, c'est-à-dire Esprit du Front, se tient peut-être pour le Duce de demain. En attendant, tout le mouvement sent un peu trop les alcools de son chef. Ses intimes l'appellent Primo de Liqueura.

IV

Vous m'interrogez sur l'armée avec un sourire narquois et méfiant. Je n'ai aucune raison de refuser de répondre, même si vous devriez ne point me croire.

Eh bien, l'armée aussi s'est consolidée.

L'ère Gessler, avec ses mensonges, est close, et avec elle le chapitre des bandes armées et des jeux dangereux et clandestins. L'armée n'est pas encore républicanisée: vous ne voudriez pas!, mais le nouveau ministre, le général Groener, l'a tirée avec une merveilleuse adresse, de la lutte des partis. Il essaie tout au moins de la neutraliser. Les gauches provocations des officiers monarchistes ont cessé. On parle beaucoup moins de la Reichswehr, alors que naguère les journaux étaient pleins de scandales militaires. M. Groener possède un talent diplomatique considérable: il rend l'armée invisible.

Mais ce ministre ne travaille pas gratis. Il exige une rémunération pour les bons offices prêtés à la république, et cela sous la forme de crédits militaires. Et l'on peut être sur que si la République ne consentait pas le budget que le général considère comme absolument nécessaire, les choses se gâteraient: car le loyalisme de la Reichswehr est, entre les mains de son chef, un excellent moyen de pression. Il n'y a aucun doute: sous M. Groener, qui n'est pas un général de cour de l'ère wilhelmine, ni un officier prussien de casino, mais un travailleur, un organisateur; sous Groener, qui fit en 1914 une mobilisation foudroyante, et qui, pendant toute la guerre, dirigea les transports et tout l' Arbeitsdienst; sous Groener, dis-je, la Reichswehr ne connaîtra point de crise, mais, si peu nombreuse qu'elle soit, deviendra un instrument militaire de première classé. Groener est un catholique du Sud, au caractère jovial et expansif: tout cela, dans l'ordre du sentiment, le sépare des cliques nobiliaires. Mais il aura de grandes exigences; et il peut exiger tant qu'il veut, car il sait que nulle part on ne lui trouverait un successeur. Tout politicien républicain tremble de peur à l'idée qu'on pourrait lui confier le portefeuille du ministre de l'armée. La position de M. Groener est, comme nous disons, bombensicher, à l'épreuve de la bombe. Aucun ambitieux, aucun arriviste, n'envahira plus ce département. Depuis Noske et Gessler, on en a assez de ces gens-là.

D'ailleurs, jusque dans les milieux réactionnaires, on doute fort que la Reichswehr soit en état de guerroyer, même contre un voisin de taille moyenne. Les limitations du traité de Versailles, croit-on, l'empêchent d'être une véritable armée de campagne. Cela est-il vrai?

Le général von Seeckt, dont ses adversaires eux-mêmes ne contestent pas le grand talent, a tout récemment exposé, dans un article de journal, que le temps des grandes armées est révolu. La guerre future sera surtout menée par des moyens techniques, et seulement avec des armées réduites.

En revanche, il est indispensable de dresser la majorité des citoyens pour le service auxiliaire de l'armée et de les organiser en formations chargées de seconder l'armée de campagne. Le général von Seeckt est un homme d'une adresse jésuitique. Il a retenu les enseignements de la révolution russe et de la révolution allemande. Il veut empêcher que, derrière le dos des armées battues, la révolte n'éclate, que ces armées, par leur immensité même, ne favorisent l'éclosion de cellules révolutionnaires. Son idée est pleine d'astuce. Si M. von Seeckt a raison, l'Allemagne posséderait dès à présent l'armée du nouveau type et serait, à cet égard, en avance sur les autres pays. Cette conception est naturellement en contraste marqué avec la conception française, qui, dans la loi Paul-Boncour, a réalisé une fois encore l'idée de la Grande Révolution, celle de Jean Jaurès, la levée en masse.

Mais qui a raison? Je suis un profane en matière militaire, un profane enchanté de son ignorance. Et je termine notre »entretien«, qui fut surtout un soliloque, par un voeu que vous partagez sans doute. Puisse l'Europe, notre plus grande patrie, ne jamais plus se trouver dans le cas d'éprouver, de comparer la vertu et la vérité des diverses conceptions militaires. Non jamais, jamais plus!

Carl van Ossietzky
Directeur de la Weltbühne
(Traduit par H. G.)

Le Flambeau, 1. November 1928

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